Retour sur le petit-déjeuner ITLAW Avocats & MonCIO – 5 mars 2026 

Le 5 mars dernier, les bureaux d’ITLAW Avocats affichaient complet pour une matinée d’échanges sur le sujet qui redessine les organisations : l’Intelligence Artificielle. Claudia Weber, Avocat et Associé fondateur d’ITLAW Avocats, et Pierre-Albert Carlier, DSI de transition et CEO de MonCIO, ont croisé leurs expertises pour sortir des fantasmes et proposer une feuille de route concrète : comment transformer l’IA en un levier de performance durable? 

Décrypter la boîte noire pour mieux piloter 

L’IA est partout, mais la comprend-on vraiment ? Pierre-Albert Carlier a rappelé une vérité importante : ChatGPT et ses cousins ne « comprennent » ni nos questions, ni leurs propres réponses. Ce sont des champions de la probabilité, capables de prédire le mot suivant dans une séquence. C’est cette nature même qui engendre des risques systémiques que les entreprises ne peuvent plus ignorer : 

  • Les biais hérités des données d’entraînement 
  • Les hallucinations, ces inventions plausibles mais fausses 
  • Le Shadow AI, ou l’usage sauvage d’outils non sécurisés par les collaborateurs 

Pour le fondateur de MonCIO : « L’IA est un miroir statistique, pas une conscience. Elle prédit le mot suivant ou le pixel adjacent sans jamais saisir le sens profond de ce qu’elle produit. C’est cette absence d’intentionnalité qui rend le contrôle humain indispensable ». 

Pour illustrer le risque d’hallucination, l’intervenant présente le cas de l’« électromagnon inversé cycloïdal », un terme purement inventé pour tester les IA. Résultat ? ChatGPT a généré une explication scientifique parfaitement crédible… pour un concept qui n’existe pas. 

Quelles réglementations appliquer aux projets ? 

C’est ici que réside la valeur ajoutée de l’accompagnement d’ITLAW Avocats : ne pas se limiter à une vision en silo, mais adopter une approche 360° de la conformité. Comme le souligne Claudia Weber : « On ne peut plus se contenter de vérifier le RGPD d’un côté et la sécurité IT de l’autre. L’IA Act crée un nouveau centre de gravité, mais il doit s’articuler avec le Data Act et le droit de la propriété intellectuelle pour former un cadre de confiance complet ». 

Cette mosaïque réglementaire impose de naviguer entre plusieurs piliers indissociables : 

  • Le Règlement Européen sur l’IA (RIA) : entré en vigueur le 2 février 2025 pour les pratiques interdites (comme le social scoring), il impose une classification par niveau de risque. Les obligations deviennent massives dès le 2 août 2026, notamment pour les systèmes dits à « haut risque ». 
  • Le RGPD : le pilier de la protection des données personnelles, qui s’applique à chaque étape, de l’entraînement des modèles à l’usage quotidien. 
  • Le Data Act : essentiel pour encadrer l’accessibilité et le partage des données générées par ces systèmes. 
  • Le Droit de la Propriété Intellectuelle : un point de vigilance important pour sécuriser la propriété des inputs (données injectées) et déterminer le statut juridique des outputs (résultats générés). 
  • Le Droit des contrats et de la responsabilité : pour définir précisément qui, du fournisseur ou du client, assume les conséquences d’une erreur ou d’un biais. 
  • Le Droit social : pour encadrer les usages internes via une Charte IA Interne, la mise à jour des contrats de travail et la formation des collaborateurs. 

Performance : des chiffres prometteurs, mais à conditionner 

L’IA n’est pas qu’un gadget, c’est un accélérateur de business. Les études citées montrent des gains de productivité de 7 à 8% (allant jusqu’à 25% pour certaines tâches) et une réduction des coûts de processus de 22%. Cependant, Claudia Weber est catégorique : « ces gains ne se matérialisent pas par magie. Pour réussir, l’entreprise doit reconfigurer ses processus plutôt que d’empiler des outils, mais aussi maîtriser l’implicite et l’humain, là où l’IA échoue encore (ironie, situations émotionnelles complexes, stratégie à long terme). » 

L’infrastructure : RAG et Data Lakehouse 

Côté technique, la performance passe par des architectures spécifiques. Le RAG (Retrieval-Augmented Generation) permet de connecter l’IA à vos propres bases de connaissances. Cela réduit drastiquement les hallucinations en forçant le modèle à s’appuyer sur vos sources contrôlées. L’unification des données via un Data Lakehouse devient également essentielle pour alimenter à la fois la BI classique et les nouveaux modèles d’IA. Pierre-Albert Carlier a également insisté sur le choix des prestataires Cloud : performance brute versus souveraineté (SecNumCloud), un arbitrage stratégique à mener selon vos enjeux de sécurité. 

L’humain au cœur de la machine 

Malgré une adoption massive (72 % des organisations utilisent l’IA générative), seules 5 % des entreprises l’intègrent réellement dans leurs pratiques RH quotidiennes. L’IA impose pourtant une redéfinition des compétences : la pensée critique, l’éthique et la compréhension métier deviennent les piliers du collaborateur « augmenté ». Sur le plan contractuel, Claudia Weber insiste sur la nécessité de clauses spécifiques concernant la propriété : les résultats générés par l’IA ne bénéficient pas toujours d’une protection au titre du droit d’auteur ; et la responsabilité : le client reste souvent seul responsable de l’usage des résultats produits. 

En guise de synthèse, cette matinée a rappelé que « L’IA, une lame à double tranchant : elle sculpture l’avenir avec des opportunités sans précédent, mais peut aussi entailler profondément si mal maniée. » (Mistral IA). La clé du succès ? Le juridique pour poser le cadre, l’IT pour la robustesse, et l’humain pour le discernement. 

Besoin d’auditer vos usages ou de structurer votre politique IA ? ITLAW Avocats accompagne directions juridiques, DSI et acheteurs pour auditer, négocier et sécuriser leurs écosystèmes IA. Notre ambition est de convertir la complexité réglementaire, notamment issue de l’IA Act et du Data Act, en un levier de performance et de différenciation stratégique durable pour les organisations. 

Pour approfondir ces sujets, ITLAW Avocats propose aussi des formations dédiées à l’IA en entreprise alliant expertise juridique et retour d’expérience opérationnel.  

ITLAW Avocats mobilise ses talents et son expertise en matière de protection des  données personnelles, de projets informatiques  complexesde  contrats, d’innovation et de  propriété intellectuelle  ainsi que sa connaissance de l’écosystème IT et son expertise en matière de négociation pour vous accompagner dans la sécurisation de vos projets complexes. 

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