Dans un monde hyperconnecté, dans lequel la collecte et le traitement des multiples informations sont générées individuellement et collectivement, les choses tendent à s’intensifier.

Face à l’explosion du volume d’informations, le Big Data vise à proposer une alternative aux solutions traditionnelles de bases de données et d’analyses.

Selon le Gartner, le Big Data regroupe une famille d’outils qui répondent à une triple problématique :

  • Un volume de données important à traiter ;
  • Une grande variété d’informations (en provenance de plusieurs sources, non-structurées, Open…) ;
  • Un certain niveau de vélocité à atteindre, c’est-à-dire, de fréquence de création, collecte et partage de ces données.

Toutefois, le Big Data présente de sérieux risques pour les libertés individuelles, lesquels ont été recensés par le contrôleur européen dans son récent avis du 19 novembre 2015[1] :

  • Le Big Data implique une collecte massive de données pour une finalité parfois indéterminée, ce qui entre en conflit directement avec le principe fondamental de la protection des données personnelles ;
  • D’un point de vue individuel, le Big Data est une grande nébuleuse…. Elle est souvent opaque, notamment en raison de la complexité des traitements des données. Ainsi concrètement, les personnes concernées se retrouvent confrontées à des décisions automatisées qu’elles ne comprennent pas et pour lesquelles elles n’ont ni consenties, ni de pouvoir de contrôle ;
  • Le Big Data tend à exploiter le potentiel prédictif par l’observation de comportements humains ce qui potentiellement pourrait conduire à une « dictature des données » ;
  • Le Big Data tend à établir des corrélations statistiques qui peuvent être erronées, et pouvant aboutir à des conclusions injustes et discriminatoires pour les personnes concernées.

Le contrôleur européen, dans son avis du 19 novembre 2015, plaide pour l’adoption de quatre catégories de mesures afin de garantir un développement du Big Data dans le respect des Droits et Libertés individuels :

  • Garantir une plus grande transparence ;
  • Fournir de nouveaux outils aux personnes pour contrôler plus efficacement leur données ;
  • Intégrer la problématique de la vie privée dès la conception des systèmes d’information et de communication ;
  • Responsabiliser les sociétés en les obligeant à s’assurer régulièrement de la conformité des traitements opérés à la loi.


[1] Avis disponible via le lien suivant

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Par Maître Claudia Weber

Avocat Associé

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